Luc, en semestre d’échange en Argentine, témoigne sur son retour anticipé en France

Luc est parti à Buenos Aires en Argentine à l'UBA (Université de Buenos Aires) dans le cadre de sa 3ème année de licence en économie et gestion. Il raconte son retour anticipé en France, à cause du COVID-19.

En stage, en semestre d’étude ou en césure, nombreux étaient les étudiants de l’université de Rennes 1 effectuant une mobilité, certains à l’autre bout du monde, au moment où les frontières ont commencé à fermer, suite à la pandémie COVID 19 dans le monde. Un dispositif de soutien spécifique, dont une aide financière d'urgence de la Fondation Rennes 1, a été mis en place afin de faciliter leur retour anticipé.

Suite à la fermeture des frontières et à la raréfaction des vols de retour, voire la fermeture complète des lignes commerciales, les autorités françaises à l’étranger ont mis en place des vols spécifiques pour rapatrier les étudiants.

L'Université de Rennes 1 a mis en place une procédure de signalement des étudiants français à l'étranger rencontrant des difficultés pour rentrer en France, ainsi qu'une cellule spéciale dédiée au COVID-19.

De plus, la Fondation Rennes 1 a débloqué un fonds exceptionnel pour aider financièrement les étudiants en situation de difficulté à l'étranger.

Luc était à l'UBA (Université de Buenos Aires) en Argentine, dans le cadre de sa 3ème année de Licence en économie et gestion. Son séjour devait durer une année académique complète, soit d’août 2019 à juillet 2020. Il avait choisi cette destination pour partir dans un pays hispanophone hors Europe. Il raconte son retour anticipé en France, à cause du COVID-19.

Témoignage de Luc, étudiant en échange en Argentine

Luc, en semestre d’échange en Argentine

Je vivais dans un quartier argentin de classe moyenne, dans le centre de la capitale. J'ai suivi de très près le développement de l'épidémie mais au début, j’ai sous-estimé la gravité du virus (comme tout le monde en Argentine). J'ai commencé à m'inquiéter quand la situation s’est aggravée en Europe, mais je ne pensais pas que le virus aurait un impact en Argentine. La vie suivait son cours. Les premiers cas sont arrivés en Argentine sans causer de grande inquiétude sur place.

Puis, le confinement a été mis en place en France. J’ai reçu des e-mails de l'université de Rennes 1 me conseillant fortement de rentrer. Il y a également eu le message officiel du Président de la République. C’est à ce moment que j’ai pris conscience de la gravité de la situation. J’ai décidé de rentrer, je me suis donc inscrit sur la liste des français souhaitant rentrer via l'ambassade et la plateforme "le fil d'Ariane".

Je me suis également renseigné auprès du consulat et j’ai beaucoup discuté avec le bureau des relations internationales de la Faculté des Sciences Économiques. J’avais peur de perdre une année, car l’Université de Buenos Aires m’a expliqué qu'il était impossible de valider le semestre à distance.

J'ai eu beaucoup d'aide et de soutien de la part du bureau des relations internationales de la Faculté des Sciences Économiques, de la Responsable des Licence 3 (Chantal Guéguen) et aussi des responsables des relations internationales de l'Université de Rennes 1, ce qui était très rassurant.

S’en sont suivies deux semaines très compliquées pour essayer de trouver un billet d'avion pour rentrer en France. J’ai acheté plusieurs fois des billets, qui ont été presque immédiatement annulés. Ces deux semaines ont été assez difficiles psychologiquement. L’Ambassade considérait que je n'étais pas une personne à risque, et les billets d’avion étaient devenus très onéreux, les vols étant très rares.

J’ai passé sept mois en Argentine, et je n'avais jamais eu de problèmes avec la population locale. Les argentins sont très chaleureux. Malheureusement la situation s’est dégradée avant mon départ. A cause du virus, les européens sont tout à coup devenus des "pestiférés". Moi et ma colocataire avons été victimes d’une violent agression verbale par des voisins. J'ai finalement trouvé un billet d'avion pour Paris le 29 mars. La suite a été assez laborieuse pour rentrer jusqu'à mon domicile mais je suis finalement arrivé sain et sauf !

Je tiens à remercier tout le personnel de l'université de Rennes 1 et la Faculté des Sciences Économiques pour leur soutien tout au long de la procédure dans ce contexte difficile.